Des arbres d'une forêt tropicale

Environnement : Total annonce la création d’une unité pour préserver la forêt

 

Violemment critiqué pour l’ouverture de sa bioraffinerie dans les Bouches-du-Rhône, Total tenterait-il de faire amende honorable ? Patrick Pouyanné, le patron du groupe, a annoncé la création d’une unité chargée de la préservation des forêts, à l’occasion des rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Anticipant un procès en « greenwashing », il assure que ce n’est pas une démarche philanthropique mais un « investissement ».

Alors que l’ouverture de sa bioraffinerie dans les Bouches-du-Rhône a suscité de farouches oppositions, Total annonce qu’une unité sera créée pour investir dans la préservation des forêts. Une déclaration de plus du groupe qui cherche certainement à se faire bien voir des agriculteurs et associations de défense de l’environnement.

« Le moyen le plus efficace aujourd’hui d’éliminer le carbone c’est la reforestation »

A l’occasion des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Patrick Pouyanné, PDG de l’entreprise gazière et pétrolière française, a en effet déclaré : « Nous voulons constituer une ‘business unit’ pour investir dans des projets qui préserveront les forêts pour un budget de 100 millions de dollars par an(…)Le moyen le plus efficace aujourd’hui d’éliminer le carbone, pour moins de dix dollars la tonne, c’est la reforestation(…) ».

Le discours est bien beau, mais le contexte interpelle fortement. Anticipant sans doute un procès en « greenwashing », Patrick Pouyanné précise que « Ce n’est pas de la philanthropie, ça se veut être de l’investissement à moyen et long terme. Un projet pour les forêts, il faut qu’il dure longtemps pour être positif pour la planète ».

 Le très polémique projet de la Mède

Rappelons que cette annonce intervient au moment où Total est très critiqué après le démarrage de sa bioraffinerie d’agrocarburants de la Mède, dans la nuit de lundi à mardi. Cette unité de production fonctionnera pour moitié sur la transformation d’huile de palme importée. Total se met ainsi à dos les agriculteurs, après les associations de défense de l’environnement. Ces dernières accusent également ce projet de contribuer à la déforestation en Asie du sud-est.

Issu de la conversion d’une raffinerie d’hydrocarbures, ce site dispose d’une capacité de production annuelle de 500 000 tonnes de biocarburants, du « biodiesel » et du « biojet » pour l’aviation, selon le groupe. France Nature Environnement a appellé Total à la responsabilité. L’organisation a demandé à ce que ses investissements soient orientés vers des systèmes de production d’énergie de long terme, plus respectueux de l’environnement et de la santé des populations.

Total prône la transparence totale

De son côté, Total a tenté de rassurer, en jurant compléter la certification de son huile de palme par un dispositif spécial de contrôle de la durabilité et du respect des droits de l’Homme. Il envisage notamment limiter le nombre de fournisseurs et se dit favorable à des audits par un expert tiers. Patrick Pouyanné a enfin indiqué que l’huile de palme utilisée à La Mède ne provenait pas de la déforestation et a promis garantir sa traçabilité.

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