La finance, toujours aussi complice du dérèglement climatique

Les financements bancaires en faveur des énergies fossiles continuent de progresser alors même que les effets du changement climatique se font chaque jour sentir avec davantage d’acuité.

On savait déjà que les banques figurent parmi les principaux contributeurs au réchauffement climatique via le financement de projets d’énergies fossiles. Ce que l’on mesurait moins, c’est que ces engagements continuent de plus belle, alors même que les manifestations de la crise climatique se font chaque jour plus intenses.

Selon le rapport « Banking on Climate Chaos » (« Miser sur le chaos climatique »), publié par un consortium d’organisations non gouvernementales spécialisées, les financements bancaires mondiaux destinés aux hydrocarbures ont augmenté de 8% entre 2024 et 2025.

La hausse atteint 27% pour les nouveaux projets d’extraction, dont l’exploitation ne fait que commencer et promet des décennies supplémentaires d’émissions de CO₂.

Si environ un tiers des établissements financiers, notamment en Europe, ont amorcé un retrait progressif des énergies fossiles sous l’effet des régulations et des pressions d’actionnaires, les deux tiers restants ont aussitôt comblé le vide en augmentant leurs engagements, annulant de facto les efforts consentis par les premiers.

Les banques américaines comme mauvais exemple

Au total, le secteur bancaire mondial a accordé plus de 900 milliards de dollars de financements aux hydrocarbures en 2025. Un record qui intervient alors même que les États affichent depuis au moins une décennie — et la signature de l’Accord de Paris — des objectifs de réduction d’émissions.

Sans surprise, les grandes banques américaines dominent le classement, représentant à elles seules près d’un tiers des montants. JPMorgan Chase a ainsi accordé 58 milliards de dollars aux projets fossiles ; sa part dans le financement mondial de ce secteur atteint 4,3% depuis 2021.

La Chine arrive en deuxième position avec 15,6% du total, devant le Canada à 11,8%. En Europe, les établissements britanniques occupent la première place, suivis de près par les banques françaises.

Société Générale en tête, BNP Paribas infléchit sa trajectoire

Les trajectoires divergent toutefois en France. BNP Paribas, qui occupait la première place du classement national en 2024, a réduit de 4 milliards de dollars ses financements aux hydrocarbures en un an, glissant à la troisième position.

Ses engagements dans de nouveaux projets ont chuté de plus de 80%. Le groupe se concentre désormais sur l’exploitation des gisements existants, une ligne jugée moins problématique par les ONG que le soutien à l’ouverture de nouveaux gisements.

À l’inverse, Société Générale a augmenté de 29% ses soutiens à la production pétrolière et gazière et doublé ses financements aux infrastructures de transport, oléoducs et gazoducs compris.

Son volume d’investissements se maintient autour de 11 milliards de dollars, ce qui la fait passer de la troisième à la première place du classement français. Globalement, la tendance reste d’autant plus préoccupante que selon l’ONG Reclaim Finance, pour chaque euro dirigé vers les énergies fossiles, seuls 42 centimes sont consacrés aux alternatives durables.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *