L’ONU met les entreprises d’IA face à leurs responsabilités climatiques

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, appelle les acteurs de l’intelligence artificielle à la transparence face à l’appétit énergétique et hydrique des grandes entreprises technologiques.

C’est dans une capitale britannique étouffée par une vague de chaleur exceptionnelle touchant actuellement la région que António Guterres a durci le ton sur les enjeux environnementaux liés à l’intelligence artificielle.

« Fini les coûts cachés. Fini de faire porter le fardeau à ceux qui sont le moins à même de le supporter. Il est temps de dire toute la vérité. Si l’IA doit contribuer à bâtir un avenir meilleur, elle doit faire preuve d’honnêteté quant à ce qu’elle nous coûte aujourd’hui« , a déclaré le secrétaire général de l’ONU le 25 juin à Londres, à l’occasion de la London Climate Action Week.

Cette prise de position intervient alors que de nombreux chercheurs appellent à l’établissement de normes communes, afin de permettre aux gouvernements, aux scientifiques et au grand public d’évaluer plus précisément l’empreinte réelle de ces technologies.

Cet appel se fait d’autant plus pressant que, derrière des interfaces fluides et des systèmes génératifs impressionnants, se cache une infrastructure industrielle particulièrement exigeante.

Une pression croissante sur le climat

Selon un rapport des Nations unies publié le mois dernier, l’impact environnemental des centres de données rivalise déjà avec celui de certains grands États.

Le document souligne que la consommation d’eau, d’énergie ainsi que les émissions associées à l’IA pourraient doubler en seulement quatre ans. En 2025, ces infrastructures représentaient environ 1,5% de la consommation mondiale d’électricité, une part qui pourrait atteindre près de 3% d’ici 2030.

Certaines installations consomment autant d’énergie que des villes entières et continuent de se multiplier à un rythme soutenu en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

Dans un contexte où les réseaux électriques demeurent largement dépendants des énergies fossiles, l’essor de l’IA risque d’accentuer les émissions de gaz à effet de serre. António Guterres a d’ailleurs rappelé que ces sources d’énergie restent « à l’origine des crises climatique et énergétique ».

Une initiative pour plus de transparence d’ici 2030

Face à ces constats, l’ONU a lancé l’« AI Environmental Transparency Initiative », un cadre visant à obliger les entreprises du secteur à mesurer et à rendre publics les impacts environnementaux de leurs technologies.

Les acteurs concernés seraient également invités à alimenter leurs infrastructures exclusivement en énergies renouvelables — notamment éolienne et solaire — d’ici 2030. Des exigences auxquelles nombre d’entre eux restent réticents, invoquant des enjeux de compétitivité et de confidentialité.

Le secrétaire général a également insisté sur la nécessité d’associer les communautés locales et la société civile dès les premières étapes des projets d’implantation de centres de données, en particulier dans les zones déjà fragilisées sur le plan environnemental.

Pour autant, il serait réducteur de considérer l’intelligence artificielle uniquement comme une menace. António Guterres souligne aussi son potentiel comme levier de la transition écologique, qu’il s’agisse d’optimiser les réseaux énergétiques, d’anticiper les phénomènes climatiques extrêmes, de réduire les émissions industrielles ou encore de mieux gérer les ressources naturelles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *