Automobile : l’électrique détrône l’essence dans l’Union européenne

Pour la première fois, en décembre 2025, les immatriculations de voitures électriques ont dépassé celles des modèles à moteur thermique sur le Vieux Continent.

Est-ce le début d’une mutation de l’industrie automobile électrique ou un simple feu de paille ? Les ventes de véhicules entièrement électriques ont représenté 22,6 % du marché de l’Union européenne fin 2025, contre 22,5 % pour les modèles à moteur essence.

Il s’agit d’un événement, car jamais auparavant les immatriculations de voitures électriques n’avaient dépassé celles des véhicules thermiques au sein du bloc européen. Cette performance s’inscrit dans une dynamique plus large de croissance soutenue pour les modèles dits « propres » sur les douze derniers mois.

Ces véhicules ont ainsi constitué 17 % des ventes de voitures neuves dans la région, contre 14 % en 2024, soit leur plus haut niveau depuis cinq ans. Cet essor a été stimulé par une nouvelle génération de modèles lancés par des groupes européens tels que Renault, Volkswagen ou BMW.

Cependant, tous les constructeurs ne profitent pas de cette transition. Tesla, longtemps fer de lance du marché électrique, connaît un recul significatif avec une chute de 38% de ses immatriculations en Europe. De quoi lui faire perdre son statut de premier constructeur mondial de véhicules électriques au profit du chinois BYD.

BYD change la donne

Le constructeur chinois illustre cette redistribution des cartes, avec une progression spectaculaire de 229 %, selon des données relayées par Reuters. Cette ascension fulgurante confirme les inquiétudes concernant la perte de compétitivité de l’industrie automobile européenne face à l’offensive menée par l’Empire du Milieu sur le segment électrique.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la Commission européenne a consenti, sous la pression des constructeurs, à assouplir ses objectifs climatiques. Ainsi, l’interdiction totale de vente de voitures thermiques neuves prévue pour 2035 passerait à 90% au lieu de 100%, à condition que les constructeurs utilisent de l’acier bas-carbone et des carburants durables.

Un recul stratégique qui vise à donner un peu d’air à une industrie automobile européenne sous tension, tiraillée entre impératifs écologiques et concurrence chinoise grandissante. Dans ce contexte, la percée des ventes de véhicules électriques enregistrée fin 2025 prend une dimension hautement symbolique.

Un avenir à clarifier

Si la volte-face réglementaire de Bruxelles interroge à juste titre sur la cohérence de la politique climatique européenne et son agenda de décarbonation de l’industrie automobile, certains acteurs du secteur se montrent optimistes quant à l’avenir.

Håkan Samuelsson, directeur général du constructeur suédois Volvo Cars, estime ainsi dans une interview accordée à Reuters que la popularité des véhicules électriques devrait continuer à croître, indépendamment des assouplissements réglementaires. Il fonde cet optimisme sur l’amélioration continue des technologies, le développement des infrastructures de recharge et la sensibilité environnementale accrue des consommateurs.

« La croissance est forte, notamment en Europe. Les clients sont curieux et découvrent des véhicules électriques toujours plus performants », a-t-il souligné. Même si la hausse des coûts de production et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement en batteries demeurent des défis majeurs.

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