À Marseille, les ZFE font grincer des dents

L’entrée en vigueur des zones à faibles émissions (ZFE) prévue dans la cité phocéenne pour la fin de l’année devra attendre. En cause, l’embarras des autorités municipales face à une mesure certes bénéfique pour le climat, mais porteuse de germes d’exclusion de certaines couches sociales.

La lutte contre le péril climatique appelle à quelques sacrifices. Mais beaucoup ne semblent manifestement pas enclins à en payer le prix. C’est le cas à Marseille où une initiative pro-environnementale suscite bien des tiraillements. La mairie qui avait convenu sur l’impulsion du gouvernement de mettre en place sur une vingtaine de kilomètres, une zone à faible émission d’ici fin 2021, ne semble plus pressée à cette idée. Les autorités ont en effet décidé en avril dernier de repousser l’échéance de six mois, soit jusqu’en 2022.

Raison évoquée ? Les incidences que va immanquablement générer l’aménagement de cette ZFE dans la seconde ville de France. Mesure à fort impact environnemental, les zones à faibles émissions contribuent à la réduction de la pollution atmosphérique. D’autant plus dans une ville comme Marseille connue pour sa forte émission en carbone.

Des tensions

Mais l’initiative provoque sur place des remous. De nombreuses voix à commencer par la municipalité, craignent un effet boomerang. En effet, les ZFE consistent au tracé d’un périmètre dans lequel ne sont admis que les véhicules à moindre pollution. De quoi exclure toutes les vieilles carcasses encore circulation et utiles malgré tout pour leurs propriétaires. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pas selon la mairie qui pourtant s’était engagée à travers ses équipes à instituer ces zones lors des dernières municipales.

Le maire, Benoît Payan se dit toujours très attaché à la mise en place de ce projet, mais pas au détriment d’une certaine frange de la population en manque de moyens, notamment pour s’offrir des engins moins polluants. Pour accompagner la ZFE, l’élu socialiste appelle à une totale refonte des infrastructures de transports dans une cité phocéenne dépourvue de piste cyclable, entre autres. En attendant, l’entrée en vigueur de la mesure est reportée pour l’organisation d’une consultation sur le sujet.

Incompréhensions

La décision des autorités locales est perçue comme un revirement par l’opposition de droite. Cette dernière goûte peu le fait qu’une équipe socialiste tergiverse autant sur une mesure dont l’enjeu climatique est évident. Catherine Pila, élu municipal Les Républicains (LR) parle même d’un reniement motivé par l’incapacité des responsables à défendre leur propre mesure.

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