Une boîte aux lettres de la poste en France.

Oui Pub : démarrage d’un test dans 14 collectivités

 

Quatorze collectivités françaises expérimentent, depuis le jeudi 1er septembre 2022, le dispositif « Oui Pub » issu de la loi Climat et Résilience. Jusqu’en 2025, environ 2,5 millions de personnes pourront indiquer s’ils acceptent de recevoir des prospectus dans leurs boîtes aux lettres.

La France franchit un nouveau cap dans sa lutte contre le gaspillage publicitaire. En effet, le gouvernement a annoncé, le jeudi 1er septembre 2022, le démarrage du dispositif « Oui pub » dans quatorze municipalités. Parmi lesquelles Sartrouville, Grenoble Alpes Métropole, Agen, Bordeaux et Dunkerque. L’expérimentation doit durer trois ans, jusqu’à 2025, et concerner 2,5 millions de personnes.

Un principe inverse au « Stop Pub »

Lancée avec deux mois de retard pour permettre aux différents acteurs de se préparer, l’étiquette « Oui Pub » prend le relais de l’autocollant « Stop Pub », instauré en 2004. Ce dernier permettait de distribuer des prospectus sauf avis contraire. Le nouveau système promeut l’inverse. Il invite à ne pas distribuer de publicités sauf avis contraire marqué sur la boîte aux lettres.

Le dispositif « Oui Pub » émane de la loi Climat et Résilience adoptée en août 2021 à l’Assemblée nationale. Inspiré des propositions de la Convention citoyenne, ce texte appelle à l’interdiction totale de la distribution de prospectus. Objectif : réduire le gaspillage et les charges liées à la collecte et au traitement des déchets au niveau des collectivités.

Encore 900 000 tonnes de papier gaspillés par an

En effet, « Stop Pub » n’a pas réellement résolu le problème du gaspillage de papier. Si l’autocollant a été apposé sur environ un tiers des boîtes aux lettres, les imprimés publicitaires représentent encore près de 900 000 tonnes par an, d’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Le comble c’est qu’une part significative de cette publicité finit à la poubelle sans être lue. D’où l’importance d’essayer un nouveau système, le « Oui pub ».

A l’issue de la phase de test en cours, un comité d’évaluation établira un rapport afin d’évaluer l’impact de ce nouveau dispositif sur la production et le traitement des déchets papier. Mais également sur les comportements des consommateurs, l’emploi et les secteurs d’activité concernés. En premier lieu les imprimeurs de prospectus. Pour ceux-là, le « Oui Pub » signe la fin de leur modèle économique.

Les enseignes se tournent vers le mail

Selon Christophe Uggeri, chargé de mission chez Riccobono, les quantités de papiers de cette expérimentation ne sont pas encore significativement importantes. Mais à grande échelle, le dispositif va provoquer l’arrêt des activités d’impression de prospectus et de magazines. Une perspective pas du tout réjouissante. Des salariés d’Adrexo, un des principaux diffuseurs de tracts publicitaires en France avec Mediapost, ont d’ailleurs fait une première grève en début d’année.

Côté distributeurs, des conséquences économiques sont également attendues. Pour réduire la casse, certains ont accéléré les tests ces derniers mois afin de pallier l’arrêt de la distribution de papiers publicitaires. C’est le cas de Carrefour, qui a pris l’initiative d’annoncer en février dernier l’arrêt progressif de la diffusion de prospectus. Les enseignes étudient d’autres moyens de communiquer leurs promotions et offres. Comme le digital, via notamment le mail.

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