La Chine maîtresse de son agenda climatique

Pékin a annoncé mardi l’arrêt des financements de nouvelles centrales à charbon hors de ses frontières. Un engagement sans calendrier et en porte-à-faux avec sa politique énergétique nationale.

Les officiels chinois ont récemment indiqué que Pékin n’entendait pas se laisser dicter la marche à tenir sur le climat. Il semble que la journée du mardi à l’Assemblée générale des Nations unies ait donné un aperçu de cette ligne de conduite.

Dans un discours vidéo pré-enregistré diffusé à la tribune, le président chinois a annoncé l’arrêt des constructions de nouvelles centrales à charbon à l’étranger. Une décision inattendue, mais qui s’inscrit dans la tendance des six derniers mois. Pour la première fois depuis plusieurs années, le pays n’a en effet financé cette année aucun projet énergétique à charbon hors de ses frontières.

Goût prononcé pour le charbon

L’annonce de Xi Jinping marque donc une rupture significative de ce point de vue. De quoi ravir les détracteurs du pays communiste qui n’ont jamais cessé de relever son goût prononcé pour les combustibles fossiles, principalement le charbon dont elle est à la fois un des grands producteurs et consommateurs mondiaux. À coups de milliards d’euros, l’Empire du Milieu a massivement investi dans cette énergie à travers le monde depuis plusieurs années, surtout dans économies en développement.

Mais la conscience climatique fait s’élever de plus en plus de voix à travers le monde contre cette pratique attentatoire pour la planète, mettant la Chine sous pression. Il y a trois semaines, l’envoyé spécial des États-Unis pour le climat, John Kerry indiquait que Pékin mettait à mal les efforts internationaux pour le climat à travers ses différents projets énergétiques.

Annonce insuffisante

La décision du président chinois devrait donc contribuer à faire évoluer les discours. Comme en témoigne l’accueil globalement positivement qui lui a été réservé mardi. Mais l’annonce bien que positive cache quelques angles morts.

En effet, elle n’est soumise à aucun calendrier. Nul ne sait donc quand exactement Pékin cessera d’être le principal bras financier du charbon à l’étranger. Or, il faut agir dès maintenant si le monde veut se donner une chance de sauver les engagements de la COP21 à Paris. Par ailleurs, la Chine reste toujours aussi dépendante du charbon sur son territoire avec la mise en route de plusieurs centrales il y a seulement quelques semaines.

L’un des plus gros pollueurs du monde veut donc bien jouer sa partition pour la cause climatique, mais à son rythme.

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