Une abeille en pleine pollinisation d'une fleur.

Costa Rica : une ville accorde la citoyenneté aux pollinisateurs et à la flore

 

Curridabat, une ville du Costa Rica, a accordé la citoyenneté aux pollinisateurs (les abeilles, les colibris, les chauves-souris et les papillons), ainsi qu’aux plantes et aux arbres indigènes. Primordiale au développement naturel de tous les écosystèmes, ces insectes constituent une composante essentielle de notre planète.

Curridabat, une ville costaricaine, a offert début mai la citoyenneté aux insectes pollinisateurs ainsi qu’aux plantes de tout son territoire. Objectif : remodeler entièrement son plan d’urbanisation autour de grands espaces verts. Ainsi, abeilles, papillons, chauves-souris, colibris, plantes et arbres bénéficient du statut de citoyens au même titre que les 34 000 habitants de la ville.

« Le développement urbain devrait être aligné sur le paysage et non l’inverse »

L’urbanisation de Curridabat autour des espaces veut corriger une attitude bien trop répandue aujourd’hui. Généralement, les habitants des villes sont enclins à défendre la nature lorsqu’elle est éloignée ou lorsqu’il s’agit d’un concept dans de lointaines contrées. Mais ils se montrent toujours négligents lorsqu’il s’agit de protéger la nature dans leur environnement immédiat. Par ailleurs, les villes ont tendance à adapter l’environnement à leur infrastructure. Selon Edgar Mora, maire de Curridabat, « Le développement urbain devrait être, au moins dans une certaine mesure, aligné sur le paysage et non l’inverse ». Aussi, il considère avec Garcia que « Nous ne disons pas la forêt dans la ville, nous disons la ville dans la forêt ».

Edgar Mora estime que « Le projet de convertir chaque rue en bio-corridor et chaque quartier en écosystème exigeait une relation avec la faune et la flore ». Il explique : « Ces corridors améliorent la qualité de l’air, la qualité de l’eau et donnent aux gens des espaces pour se détendre, s’amuser et améliorer leur santé ».

Habitants et insectes profitent de cette cohabitation

Curridabat, la « Ville douce » comme on la surnomme, a intégré à son infrastructure des couloirs verts et un feuillage luxuriant permettant aux abeilles et autres pollinisateurs – ainsi qu’aux arbres et aux plantes – suffisamment d’espace pour vivre et prospérer parmi les habitants. Ceux-ci peuvent à leur tour bénéficier de la verdure et de l’ombre frais des arbres et surtout respirer un air de qualité. « Les pollinisateurs sont la clé. Ils sont les consultants du monde naturel, les reproducteurs suprêmes. Le projet de convertir chaque rue en biocorridor et chaque quartier en écosystème exigeait une relation avec eux », souligne encore Edgar Mora.

Baptisé « Sweet City », le projet d’urbanisation de Curridabat renforce l’engagement des autorités costariciennes en faveur de la biodiversité et d’une planète saine. Le Costa Rica utilise déjà à 98 % de l’énergie renouvelable. À court terme, le pays espère devenir la première nation à atteindre la neutralité carbone. Selon un rapport de CCI France Costa Rica, le pays abrite pas moins de 5 % de la biodiversité mondiale, alors que près de 25 % de son territoire se trouve en zone protégée.

Les insectes essentiels à la survie de la planète

Partout dans le monde, l’utilisation de pesticides et l’essor de l’agriculture industrielle ont fortement impacté les populations de pollinisateurs, qui jouent pourtant un rôle essentiel dans la promotion d’habitats et d’écosystèmes sains. En fait, ils sont largement responsables de la survie de la planète. Aussi, trois cultures de fruits ou de graines sur quatre dépendent des pollinisateurs. D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, les pollinisateurs soutiennent la production de 87% des principales cultures vivrières du monde.

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