Des électrodes placés dans une neuroprothèse

Médecine : un exosquelette connecté au cerveau permet à un patient tétraplégique de marcher

 

Un patient, devenu tétraplégique suite à une chute a pu marcher grâce à un exosquelette connecté à son cerveau. Cet exploit digne d’un film de science-fiction est réalisé par des chercheurs français du Clinatec à Grenoble. Il ouvre d’importantes perspectives pour les personnes paralysées ou amputées.

Quatre ans après une chute qui l’a paralysé des quatre membres, Thibault, un jeune Lyonnais de 28 ans, a pu se mouvoir grâce à deux implants semi-invasifs connectés à un exosquelette. Ce dispositif est le résultat de dix ans de travaux menés par des chercheurs français du Clinatec, le laboratoire du Centre d’énergie atomique (CEA) à Grenoble. En 2015, Clinatec avait reçu l’autorisation de la Direction de la recherche clinique et l’innovation du CHU de Grenoble et des autorités réglementaires pour démarrer cet essai clinique. Le protocole a été testé en premier sur le jeune Thibault.

Il peut avancer les jambes du robot, plier le coude, lever les épaules

Après qu’on lui a implanté des électrodes, il s’est entraîné chez lui pendant plusieurs mois sur un simulateur. Grâce à son implant, Thibault est parvenu à faire effectuer des mouvements à un avatar virtuel sur l’écran de son téléviseur. Il s’est ensuite rendu trois jours par mois au Clinatec à Grenoble pour faire les mêmes exercices directement sur l’exosquelette. A présent il peut avancer les jambes du robot, plier le coude, lever les épaules… Il lui suffit de penser à un mouvement pour que ces capteurs enregistrent les signaux du cerveau et les transmettent à un ordinateur. La machine interprète ensuite les données en signaux envoyés à l’exosquelette. Grâce à ce dispositif, le patient a réussi à marcher sur 145 mètres, faisant 480 pas en 39 sessions. Il a même réussi à toucher des objets.

« Ce n’est pas du transhumanisme : on répond à un problème médical »

Le Professeur Benadid, à l’origine du projet, s’est félicité de cette avancée majeure pour l’autonomie des personnes handicapées. « Nous sommes très fiers de cette preuve de concept et réfléchissons déjà à de nouvelles applications pour faciliter le quotidien des personnes en situation de handicap moteur sévère », a-t-il écrit sur le site du CEA. La suite de l’essai clinique permettra d’acquérir la capacité de saisir un objet avec la main ainsi que d’améliorer l’équilibre de l’exosquelette. C’est d’ailleurs la grosse faiblesse de ce type de robot. « Cela nécessite des calculs très lourds et des temps de réaction très rapides, sur lesquels on est en train de travailler, en utilisant l’intelligence artificielle », a expliqué le chercheur.

Le dispositif pourrait dans quelques années, permettre aux personnes tétraplégiques de diriger leur fauteuil roulant ou de guider un bras motorisé. Il améliorerait considérablement leur autonomie. Pour le professeur Benadid « Ce n’est pas du transhumanisme : on répond à un problème médical, un corps humain qui a été blessé et qui a des déficits. On est dans l »homme réparé et pas l’homme augmenté ».

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