New Delhi se barricade contre la pollution de l’air

La capitale indienne a ordonné la fermeture des écoles pour plusieurs jours afin de prémunir la population contre une qualité de l’air très mauvaise. Une mesurette selon de nombreux habitants dans ce pays victime de son appétence aux combustibles fossiles.

Vacances anticipées à New Delhi. Depuis le début de la semaine, les écoliers de la capitale indienne sont priés de rester chez eux jusqu’à nouvel ordre ; la plupart des travailleurs de l’administration publique ainsi que ceux du privé, doivent retourner au télétravail et les véhicules poids lourds sont interdits d’entrée dans la ville jusqu’au 21 novembre. Quant aux chantiers de construction bâtiments et autres, ils sont désormais à l’arrêt.

Les autorités municipales ont ordonné toutes ces mesures pour parer à la dégradation de la qualité de l’air, phénomène désormais très connu des Indiens surtout en période hivernale. Et pour cause, le pays asiatique représente l’une des plus grandes victimes de la pollution atmosphérique dans le monde. 15 des 20 villes de la planète les plus polluées sont indiennes avec la capitale New Delhi en tête, selon une étude de l’entité suisse de mesure de la qualité de l’air IQAir, parue en 2020.

Mauvaises réponses

C’est dire l’opportunité des récentes mesures qui incluent le déploiement des canons antibrouillard et, fait important, l’arrêt momentané de six des 11 centrales thermiques de cette ville de 20 millions d’habitants. Mais selon le New York Times, beaucoup restent sceptiques sur leur réelle efficacité dans ce pays où des milliers de personnes meurent de pollution atmosphérique chaque année. D’autant que la Cour suprême avait elle, préconisé en vain plus tôt dans la semaine, le confinement de tout New Delhi pour lutter contre cet air devenu irrespirable pour les populations régulièrement contraintes de rester chez elles. Au risque de subir des problèmes respiratoires et mêmes des lésions cérébrales, à en croire une étude de The Scientist datant de 2019.

Les habitants reprochent en effet au gouvernement de privilégier des solutions à courte à vue face à un problème devenu systémique depuis que le pays a entrepris un développement industriel à marche forcée il y a plusieurs décennies. C’est que les énergies fossiles, particulièrement le charbon, ont servi de socle à la croissance économique de ce territoire de plus d’un milliard d’âmes. De telle sorte qu’il lui est aujourd’hui quasiment impossible d’envisager l’avenir sans cette ressource pourtant très polluante. La preuve en a été donnée à la COP26 où le gouvernement du Premier ministre, Narendra Modi, a fait amoindrir la déclaration finale sur le charbon.

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