Un champ de vignes.

Coronavirus : le précieux apport des viticulteurs français dans la production de gel hydroalcoolique

 

Dans un élan de solidarité, les viticulteurs français ont envoyé leurs excédents de vins vers des distilleries pour doper la production de gel hydroalcoolique, un désinfectant contre le coronavirus. Grâce à cet apport, la France est passée de 400 000 litres de gel hydroalcoolique par semaine avant l’épidémie à 2 millions de litre hebdomadaires.

Pour répondre à la demande causée par l’épidémie de coronavirus, l’État français a autorisé les professionnels de l’hygiène à utiliser des distillats viticoles afin de doper la production de ce produit dorénavant utilisé quotidiennement par la population contre le virus. « A partir du début de la crise sanitaire, la demande d’éthanol, ingrédient principal du gel hydroalcoolique, a explosé, l’apport des stocks de vins distillés a donc été très important pour en augmenter massivement la production et réagir à la situation », a expliqué Virginie Denfert, déléguée générale de l’Afise, l’interprofession française des produits d’hygiène (une centaine de PME actives).

2 millions de litres nécessaires par semaine

Avant l’apparition du coronavirus, la France consommait, selon le ministère de la Santé, environ 400.000 litres de gel hydroalcoolique par semaine, essentiellement en milieu industriel ou hospitalier. Depuis l’explosion des cas de contamination, la demande aussi a connu un boom. Elle est passée à plus de 5 millions de litres par semaine, au plus fort de la crise, car tous les citoyens avaient compris la nécessité d’adopter le réflexe de désinfection au quotidien. Actuellement, les besoins se sont stabilisés à 2 millions de litres par semaine, ce qui demeure cinq fois plus élevé que par le passé.

« Pour être en capacité de fournir ces stocks, il a fallu cette année une mobilisation générale de la filière et des autorités, et c’est là que l’idée d’utiliser les excédents viticoles est apparue assez tôt, car il fallait réagir vite : on importe très peu de gel, tout est pratiquement made in France », révèle Virginie Denfert.

Des stocks excédentaires de 3 millions d’hectolitres

Ce geste des viticulteurs français ne s’est pas fait sans une certaine amertume. En effet, la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19 et la taxe de 25% de l’administration Trump sur les vins intervenue dans un conflit commercial avec l’Europe, ont plombé le chiffre d’affaires des producteurs. Selon la dernière note de conjoncture de FranceAgrimer (juillet 2020), les stocks excédentaires s’élèvent à 3 millions d’hectolitres. Toute la filière a donc dû se mobilier auprès de l’Union européenne, du gouvernement français, des régions mais aussi des banques, durant ces 5 derniers mois pour obtenir des mesures et des aides. Objectif : gérer ces stocks excédentaires, avec en ligne de mire, la récolte 2020 pour laquelle il faut libérer des capacités de stockage.

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