Le président de la FIFA enchaîne les déplacements en jet privé depuis le coup d’envoi du Mondial 2026, accumulant en une semaine l’empreinte carbone de dizaines de Français.
Les matchs de football tolèrent mal les retards. Et quoi de plus efficace, pour arriver à l’heure dans les stades, qu’un jet privé, surtout lorsqu’il faut enchaîner plusieurs enceintes en une seule journée.
Doté d’un avion privé mis à disposition par Qatar Airways, le président de la FIFA, Gianni Infantino, en fait un usage intensif afin d’assister en direct au plus grand nombre de rencontres de la Coupe du monde organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Ainsi, le 11 juin, l’Italo-Suisse assiste au match d’ouverture Mexique–Afrique du Sud à Mexico, avant de rejoindre aussitôt Guadalajara. Le lendemain, il met le cap sur Los Angeles. Le 13 juin, il poursuit avec une étape à San Francisco, puis à Vancouver, au Canada.
Le 14, plutôt que d’opter pour une réunion en visioconférence, le dirigeant de l’instance mondiale choisit de se rendre à Miami. Le 15 juin, pour la rencontre Belgique–Égypte à Seattle, il remonte vers le nord-ouest du continent, avant de redescendre immédiatement à Los Angeles.
19 200 kilomètres en une semaine
Le 16 juin, nouveau vol en direction de Kansas City. Le 17, cap sur Houston, puis retour à Mexico. Au total, ce périple à travers l’Amérique du Nord, difficile à justifier même au regard des obligations protocolaires liées à sa fonction, représente près de 19 200 kilomètres parcourus en jet privé en une semaine, selon 20 Minutes.
Preuve du désastre de ce tour du globe : le seul trajet Los Angeles–Seattle équivaut à lui seul à l’empreinte carbone annuelle d’un Français moyen. Si ce rythme devait se poursuivre sur toute la durée de la compétition — soit environ deux matchs suivis par jour —, le bilan cumulé atteindrait celui de 55 Français sur une année, d’après l’expert environnemental Alexis Normand, cité par le média.
S’il peut sembler légitime qu’un président de la FIFA assiste aux rencontres pour promouvoir l’événement et entretenir ses relations avec les fédérations et les partenaires, la configuration même de ce Mondial 2026 rend une présence physique soutenue difficilement compatible avec des engagements environnementaux crédibles.
Une gouvernance peu préoccupée par le climat
Avec seize villes réparties sur un territoire couvrant près de 25 millions de kilomètres carrés, cette Coupe du monde s’annonce déjà comme l’événement sportif le plus émetteur de l’histoire, toutes disciplines confondues.
Selon les estimations disponibles, cette édition générerait deux fois plus d’émissions de gaz à effet de serre que celle du Qatar en 2022 — déjà fortement critiquée — et quatre fois plus que les Jeux olympiques de Paris 2024.
Et la tendance ne devrait pas s’inverser. La Coupe du monde 2030, prévue sur trois continents — Amérique du Sud, Europe et Afrique —, pourrait encore accroître les distances parcourues et, par conséquent, l’empreinte carbone liée aux déplacements officiels.
