Renaissance spectaculaire des zones humides irakiennes

Après plusieurs années de sécheresse, les marais historiques du pays sont à nouveau alimentés en eau. Ce retour providentiel redonne espoir aux communautés locales, dont la survie dépend de cet écosystème millénaire aussi fragile qu’essentiel.

« La terre était sèche, mais maintenant elle est de nouveau vivante. » Dans les colonnes de Reuters, l’éleveur de buffles Raheem Abdul Zahra ne cache pas sa joie de voir l’eau affluer de nouveau vers les marais irakiens.

Pendant des années, les pénuries récurrentes, aggravées par la construction de barrages en amont sur le Tigre et l’Euphrate, ont laissé d’immenses étendues de marécages à nu. La situation était si grave qu’entre 2021 et 2025, à peine 8% de ce joyau écologique de la Mésopotamie restaient immergés, selon le spécialiste des zones humides Jassim al‑Assadi cité par l’agence de presse britannique.

« Il y a quelque temps, tout notre bétail est mort et il n’y avait plus du tout d’eau. (…) Beaucoup de nos gens ont migré à cause de la sécheresse », raconte Haidar Qassem, agriculteur et éleveur de buffles d’eau dans les marais centraux, au média.

Une récupération mesurée après l’assèchement complet

Mais depuis quelques mois, cette zone géographique naturelle offre à nouveau le spectacle de leurs eaux calmes parcourues par des embarcations de pêcheurs. Les précipitations de cet hiver ont rempli les réservoirs le long du Tigre à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis longtemps.

Selon le ministère irakien des ressources hydriques, les réserves stratégiques du pays ont augmenté d’environ 6 milliards de mètres cubes cette année. Cette amélioration spectaculaire de la situation hydrique fait renaître l’espoir parmi les habitants de la région, qui voient dans ce retour des eaux la possibilité de restaurer leur mode de vie traditionnel.

« La vie reviendra avec les poissons et le bétail, et les gens retrouveront leur terre natale et leur avenir, car leur subsistance dépend des marais. Nous espérons que le gouvernement irakien prendra soin de la population et accordera plus d’attention aux marais », témoigne un habitant local, interrogé par la chaîne Wion.

Un espoir fragile pour les communautés locales ?

Ce même habitant appelle les autorités à « prendre soin de la population et à accorder plus d’attention aux marais ». S’étendant autrefois sur plus de 9 300 kilomètres carrés, ces zones humides ont été massivement drainées dans les années 1990 sous le régime de Saddam Hussein.

Ce dernier accusait notamment les Arabes des marais de trahison pendant la guerre Iran-Irak (1980–1988). Si la nouvelle donne représente un progrès considérable par rapport aux années de sécheresse extrême, les militants de l’environnement rappellent que les niveaux d’eau doivent encore augmenter et se stabiliser pour garantir la pérennité de la restauration écologique.

Le retour de l’eau dans les marais de Mésopotamie constitue bien plus qu’une simple amélioration météorologique temporaire. Il représente la restauration de l’espoir dans l’un des écosystèmes les plus anciens et les plus fragiles de la planète.

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