L’exécutif d’accélérer le déploiement de ce dispositif devenu un emblème de la démocratisation de la mobilité zéro émission, avec de nouveaux profils de bénéficiaires et une hausse sensible des volumes. Mais le financement de cette transition reste un défi.
C’est bientôt reparti pour le leasing social dédié aux véhicules électriques en France. D’après plusieurs médias, le gouvernement prévoit une relance d’envergure de ce programme qui donne aux ménages les plus modestes la possibilité de louer une voiture propre à un tarif fortement subventionné, habituellement hors de portée sur le marché classique.
À cet effet, la location longue durée (LLD) ou celle avec option d’achat (LOA) sur au moins 3 ans est possible pour seulement 100 euros par mois, sans verser d’argent au départ. Le ministère de l’Économie et des Finances souhaite ainsi anticiper la mise en œuvre de son plan, initialement attendue pour juin 2026.
Selon BFMTV, Bercy envisage d’élargir le cercle des bénéficiaires aux infirmiers libéraux et aux aides-soignants, deux professions particulièrement dépendantes de leur véhicule pour assurer les soins à domicile, souvent dans des zones isolées où les transports collectifs manquent.
De nombreuses pistes à l’étude
Pour ces travailleurs, la dépense en carburant constitue un poids financier conséquent et récurrent. Passer à l’électrique ne représente donc pas uniquement un geste écologique, mais aussi un gain économique durable, à condition que le coût d’entrée soit suffisamment réduit.
Le gouvernement étudie également la possibilité de cibler certains territoires dans la distribution des contrats de leasing social. L’objectif serait de concentrer l’effort vers des zones aux enjeux environnementaux ou économiques spécifiques, à l’instar des bassins industriels en transition, des villes touchées par une pollution chronique ou des campagnes peu dotées en infrastructures de transport.
Une source citée par BFMTV décrit toutefois cette orientation comme « inattendue » et la juge « complexe à appliquer », en raison des contraintes administratives et logistiques.
Le financement, talon d’Achille d’une ambition verte
Dans un contexte de flambée des prix de l’énergie accélérée par la crise engendrée par la guerre en Iran, cette mesure tombe à point nommé pour les foyers affectés par la hausse à la pompe. Elle s’inscrit aussi dans la trajectoire climatique que la France s’est fixée de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030 par rapport à 1990, notamment dans le secteur des transports.
Reste à savoir si le modèle sera financièrement tenable. L’an dernier, les fournisseurs d’énergie ont déjà mobilisé 369 millions d’euros via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE).
Par ailleurs, si la filière automobile accueille favorablement toute initiative susceptible de stimuler la demande de véhicules électriques dans un marché en perte de vitesse, elle avertit que l’augmentation du volume du leasing social ne doit pas se faire au détriment d’autres dispositifs d’appui à la mobilité propre, tels que le bonus écologique, ouvert à l’ensemble des acheteurs, quelle que soit leur tranche de revenus.
