L’État américain déploie un plan d’investissement destiné à accompagner juridiquement les mineurs visés par la répression migratoire de l’administration fédérale.
À New York, la gouverneure Kathy Hochul et le maire Zohran Mamdani font front commun contre la politique migratoire de Washington. Les deux autorités ont annoncé, mercredi 12 août 2026 en présence de la procureure générale Letitia James, une enveloppe de 7,25 millions de dollars à destination des enfants issus de l’immigration.
Ces jeunes, souvent mineurs et non accompagnés, se trouvent en effet démunis face à la répression tous azimuts de l’ICE – l’agence de l’immigration américaine – depuis l’arrêt, le 31 juillet dernier, de la gestion par l’Acacia Center for Justice du programme consacré aux enfants dits non accompagnés.
Financé par le gouvernement américain, via le Department of Health and Human Services (HHS) et son Office of Refugee Resettlement (ORR), ce dispositif fédéral consistait notamment à offrir un défenseur aux enfants de moins de 18 ans entrant aux États-Unis sans parent ni tuteur légal.
Chargée de la supervision d’un réseau national de près de 100 prestataires de services juridiques (avocats, cliniques juridiques, organisations à but non lucratif) répartis dans tout le pays, Acacia a décliné les nouvelles exigences posées par l’administration Trump pour une prolongation.
Un filet de sécurité juridique pour des milliers d’enfants
« Nous avons refusé ce contrat parce qu’il aurait exigé que les prestataires de services juridiques transmettent des informations confidentielles sur leurs clients qui pourraient être utilisées… », a révélé l’organisation dans un communiqué publié le 4 août.
Elle a fustigé la rupture avec « un précédent de près de deux décennies, au cours desquelles républicains et démocrates ont soutenu de concert l’assistance juridique aux enfants les plus vulnérables arrivés seuls aux États-Unis ».
Concrètement, l’ORR réclamait des « données au niveau du client qui sont confidentielles et juridiquement protégées », incluant notamment des évaluations médicales non expurgées. Autant d’informations couvertes par le secret professionnel avocat-client, d’après les experts.
L’investissement annoncé par New York contribuera à financer des cabinets et des associations spécialisés dans la défense de ces mineurs à travers l’État. De quoi toucher directement plus de 1 400 enfants.
Les méthodes de l’ICE dans le collimateur
Cette somme s’ajoute, selon Mamdani, aux 16,9 millions de dollars inscrits au budget municipal pour l’assistance légale aux enfants non accompagnés, ainsi qu’à une hausse globale de plus de 30 millions de dollars du financement de l’aide juridique aux immigrés, portant l’engagement total de la ville dans ce domaine à plus de 150 millions de dollars.
Ce parapluie légal est d’autant plus crucial que, selon l’Acacia Center for Justice, moins de 1% des enfants immigrés obtiennent une mesure d’accueil favorable en matière d’immigration lorsqu’ils sont privés de représentation.
« Juste au moment où l’on pense que les choses ne peuvent pas empirer, l’administration Trump a trouvé une toute nouvelle façon de faire du mal à des enfants innocents. Imaginez être cet enfant, si effrayé dans un pays inconnu, privé de papa et maman, ne parlant presque pas anglais, et devant se défendre seul dans une salle d’audience », a déclaré Hochul en marge de l’annonce.
Au-delà du soutien apporté aux mineurs, la séance a été l’occasion de dénoncer ce que les élus décrivent comme des abus croissants de l’ICE à New York. « À moins qu’un crime n’ait été commis, l’ICE ne peut pas recourir aux policiers locaux, à leurs prisons ni à leurs technologies pour mobiliser les forces de l’ordre locales dans l’application civile des lois sur l’immigration », a rappelé la gouverneure, évoquant une loi récemment promulguée par l’État.
