Le gouvernement de Sébastien Lecornu a décidé de venir en aide aux acteurs dont les cultures ont été ravagées par ce qui apparaît comme la vague de chaleur la plus sévère jamais enregistrée dans le pays.
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé, vendredi 4 septembre, une contribution d’un peu plus d’un milliard d’euros en faveur des agriculteurs. L’objectif est à la fois d’indemniser les pertes afin d’éviter des faillites et de relancer la production agricole pour préserver la souveraineté du pays.
C’est d’autant plus impératif que la France, premier producteur agricole de l’Union européenne, a vécu cet été une situation désastreuse pour ce secteur vital de son économie, entre canicule, sécheresse et incendies.
Dans de nombreuses régions, les stocks fourragers sont inférieurs de plus de 50%, selon le gouvernement, tandis que le manque d’eau a durement frappé les productions maraîchères et les cultures. Il a également parfois compliqué l’abreuvement des animaux et la production agroalimentaire.
À ces difficultés du monde agricole s’ajoutent, d’après la ministre, celles des coopératives et du maillon industriel, affectés par la baisse des approvisionnements, la hausse des coûts et les restrictions d’eau qui fragilisent leur équilibre économique.
« Un effort conséquent de solidarité »
« Si nous perdons structurellement en potentiel productif, nous perdrons des paysages, des parts de marché, des produits de qualité », a mis en garde Annie Genevard, vantant « une réponse forte, un effort conséquent de solidarité de la part de tous les Français ».
Environ la moitié de l’enveloppe, soit 520 millions d’euros, devrait servir à indemniser les pertes liées à la sécheresse afin, dit-elle, d’éviter les faillites. « Pour ce faire, je prends l’engagement d’abonder autant que de besoin l’indemnisation de solidarité nationale, qui couvre une partie des pertes exceptionnelles », a promis la ministre.
Elle a également annoncé des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties, dans le but de soulager sans délai la trésorerie des exploitations les plus touchées. Cette mesure est estimée à environ 330 millions d’euros.
Une aide jugée insuffisante face à l’ampleur des pertes
S’y ajoute le déploiement d’un fonds de réarmement agricole doté de 235 millions d’euros pour l’Hexagone et les Antilles, destiné à aider les agriculteurs à acheter du fourrage, des semences ainsi que différents intrants.
Si l’exécutif défend « une réponse inédite, adaptée aux différentes réalités locales », dans un contexte de forte tension budgétaire, l’ampleur du dispositif ne satisfait pas particulièrement les premiers concernés.
« En cette période de rentrée scolaire, si c’était une copie qui était rendue, je dirais : “problème non résolu” », a réagi au micro de Sud Radio Véronique Le Floc’h, agricultrice, ancienne présidente de la Coordination rurale et éleveuse de bovins.
Elle dénonce des taxes de plus en plus exorbitantes imposées au secteur malgré le contexte. Selon la FNSEA, principal syndicat agricole français, les agriculteurs ont déjà subi au moins 10 milliards d’euros de pertes de production. Les filières de l’élevage et des grandes cultures ont, chacune, déjà évalué leurs pertes à plus de 5 milliards d’euros.
