Des réductions allant jusqu’à 8000 livres sont proposées aux étudiants étrangers de moins en moins enthousiasmés à l’idée d’étudier au Royaume-Uni face aux différentes mesures restrictives auxquelles ils sont confrontés.
Si vous envisagiez d’étudier au Royaume-Uni en tant qu’étranger, une bonne nouvelle s’annonce pour vous. Selon le Telegraph, qui reprend une information préalablement révélée par le Financial Times (FT), une réduction significative des frais de scolarité est offerte aux étudiants par les universités sur place.
Ce ne sont pas des bourses classiques, car il n’y a ni demande ni test de mérite préalable. C’est tout simplement une sorte d’offre promotionnelle à laquelle se sont engagés plusieurs établissements d’enseignement supérieur du pays.
Le rabais proposé à l’Université de Nottingham, membre du Russell Group – l’élite académique du Royaume-Uni – atteint ainsi 3000 livres. Il avoisine les 5000 livres à l’université de Kent pour les étudiants en master originaires de 14 pays, dont la Chine, le Nigeria, le Vietnam et le Pakistan.
La plus grande réduction est de 8000 livres à destination des candidats en master (enseignement ou recherche) à l’Université d’Aberdeen. Celle-ci offre également une remise de 6000 livres pour la licence dans le cadre de son programme de bourses Aberdeen Global Scholarship.
La réponse à une pression tous azimuts
Au moins 22 universités sont concernées par cette initiative, selon une étude du cabinet de conseil S-Squared Insights citée par le Financial Times. Une ampleur qui s’explique par l’urgence de la situation.
En effet, la plupart des étudiants étrangers viennent en Grande-Bretagne pour des cursus de master. Mais une interdiction d’amener des membres de la famille, instaurée en 2024, et des réformes de conformité des visas ont pesé sur les inscriptions, en baisse de 17% sur les deux dernières années jusqu’en mars.
Autre conséquence : les revenus générés par les étudiants du troisième cycle sont passés de 5,5 milliards de livres sterling en 2023-2024 à 5 milliards de livres l’année suivante, d’après les chiffres de l’Office for Students, l’organisme de réglementation du secteur, rapportés par le Telegraph.
Attention au revers de la médaille
Selon Julian Westwood, directeur de S Squared Insights, interrogé par le FT, les établissements britanniques sont passés « de programmes de bourses plus modestes à des réductions de cohorte générales et excessivement simplistes ».
« Le risque est qu’avec la baisse du nombre d’étudiants internationaux, les frais de scolarité pour chacun d’eux soient également réduits. Un scénario qui pourrait dépasser les capacités de certains plans financiers des universités », souligne-t-il.
Zeenat Fayaz, fondatrice de The Brand Education, qui conseille les universités en matière de marque, affirme que cette guerre des prix pourrait se retourner contre les établissements en les poussant à rivaliser sur le coût d’un diplôme plutôt que sur leurs propres atouts.
« Les universités les plus prestigieuses n’offrent pas seulement des bourses, elles abaissent également leurs exigences scolaires pour permettre aux étudiants d’y accéder. C’est une course effrénée vers le bas », tranche-t-elle dans les colonnes du Telegraph.
