Le constructeur sud-coréen a décidé d’adopter cette technologie de batterie pour sa nouvelle gamme de smartphones pliables, emboîtant ainsi le pas aux marques chinoises, pionnières en la matière.
Samsung a récemment créé la surprise lors de son événement Unpacked en dévoilant que l’ensemble de la gamme Galaxy Z Fold 8 embarque des batteries au silicium-carbone. L’annonce a d’autant plus retenu l’attention que rien ne laissait présager un tel virage de la part du constructeur sud-coréen.
« Nous y travaillons », s’était ainsi contenté d’affirmer Sung-Hoon Moon, vice-président exécutif et responsable de l’équipe R&D smartphones du groupe, en février dernier. Le sujet est en effet particulièrement sensible, tant pour Samsung que pour Apple.
Alors que les constructeurs chinois — Oppo, Xiaomi ou Honor — s’y sont convertis depuis plusieurs années déjà, les deux groupes ont longtemps privilégié la prudence face au silicium-carbone, une technologie qui permet pourtant de loger, à encombrement identique, davantage de cellules, et donc une capacité énergétique plus élevée.
Résultat : de nombreuses marques venant de Chine affichent aujourd’hui des batteries de 10 000 mAh, tandis que l’iPhone et Samsung peinent encore à dépasser les 5 000 mAh.
Une rupture technologique longtemps attendue
Pour la firme de Suwon, il s’agissait notamment d’éviter de revivre l’épisode du Galaxy Note 7, dont les batteries, à la fois mal conçues et mal fabriquées, avaient provoqué un scandale et des millions de rappels d’appareils il y a une dizaine d’années.
Le lancement du Galaxy Z Fold 8 Ultra change la donne, puisqu’il s’agit du tout premier smartphone Samsung au monde à embarquer du silicium-carbone. La marque coréenne reste prudente et précise avoir intégré une proportion plus faible de ce matériau que ses concurrents chinois, mais le simple fait d’y recourir constitue déjà un tournant.
De fait, ce modèle pliable voit sa capacité grimper à 5 000 mAh, alors que l’entreprise plafonnait jusque-là autour de 4 300 à 4 400 mAh sur cette gamme d’appareils, et ce malgré un châssis toujours aussi fin.
Une charge plus rapide, plus stable…
L’apport du silicium-carbone ne se limite pas à la seule capacité de la batterie. Sur un smartphone pliant, la configuration technique impose en effet deux batteries distinctes, placées de part et d’autre de la charnière.
Jusqu’ici, la recharge via le port USB s’effectuait de manière séquentielle : une première batterie se chargeait entièrement avant que la seconde ne prenne le relais.
Avec le Galaxy Z Fold 8 Ultra, Samsung adopte cette fois une approche, elle aussi déjà éprouvée par les constructeurs chinois, consistant à répartir simultanément la puissance de charge de 45 watts entrant par le port entre les deux batteries, à raison de 22,5 watts chacune.
Cela donne une charge plus rapide, mais aussi plus stable et moins agressive pour la longévité des batteries. Tous les regards sont désormais tournés vers Apple, dont le tout premier modèle pliable, annoncé comme proche de celui du Galaxy Z Fold, est attendu pour septembre. Succombera-t-il lui aussi au silicium-carbone ?
