Tobias Rausch, le nouveau président du Parlement régional de Saxe-Anhalt, s’est vu opposer une fin de non-recevoir par le constructeur allemand concernant l’accès à un véhicule de la marque dans le cadre de ses fonctions. Le patron de Tesla, connu pour son activisme en faveur de l’extrême droite, a été sollicité comme alternative.
Exit BMW, bienvenue à Tesla ? Dans un message publié le 8 octobre dernier sur X, Beatrix von Storch, députée au Bundestag et vice-présidente du groupe parlementaire de l’AfD, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, a tendu une perche à Elon Musk.
Elle souhaite notamment que celui-ci fournisse à son collègue de parti, Tobias Rausch, une voiture de fonction. Fraîchement élu, le 6 octobre dernier, président du Parlement régional de Saxe-Anhalt, le dirigeant de 35 ans pourrait se retrouver très prochainement sans moyen de déplacement officiel pour exercer ses responsabilités.
La raison ? Un faux bond de la part de BMW, qui fournit une grande partie de l’administration allemande. Selon une information de DIE ZEIT confirmée par Bloomberg, la marque a retiré, sans raison officielle, l’offre de leasing précédemment formulée au Parlement régional de Saxe-Anhalt.
Un parti peu fréquentable
« Par principe, le groupe BMW ne s’exprime pas sur ses relations avec ses clients », s’est contentée d’affirmer l’entreprise par la voix d’un porte-parole cité par le quotidien allemand. Difficile donc de connaître les motifs de cette décision.
On peut simplement supposer qu’il s’agit d’une question d’image. Car malgré le soutien électoral grandissant dont elle bénéficie, l’AfD reste une formation clivante et honnie par une frange de la population, en Allemagne et au-delà.
En cause : son programme anti-migrants, anti-musulmans et pro-Russie, sans oublier son rapport au passé nazi du pays. Autant de points qui en font, selon certains observateurs, un parti politique peu fréquentable, car potentiellement menaçant pour le principe même d’une république.
Milan Nedeljković, président du directoire de BMW, affirmait ainsi il y a quelques jours, selon des propos rapportés par DIE ZEIT à partir de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, que le populisme de droite et le nationalisme « sont un poison pour une économie ouverte sur le monde, qui vit du commerce international ».
Une querelle politique
« Les résultats électoraux m’inquiètent, indépendamment de mon lieu de naissance. Je considère cette période comme un défi pour la cohésion de notre société et pour notre conception de la démocratie. Quiconque réclame le repli et l’isolationnisme ne peut agir dans l’intérêt de l’économie allemande et de notre prospérité », déclarait-il encore.
Ces propos ont très vite été perçus comme une référence à l’AfD. Alors que Rausch crie à la discrimination de la part de BMW, Elon Musk — allié majeur de l’extrême droite en Europe et ailleurs — pourrait-il lui prêter secours ?
L’ironie de la situation — et, plus largement, le populisme de ces formations — n’échappe en tout cas pas au youtubeur Hank Loose. Celui-ci relève qu’un parti qui ne cesse de prôner la préférence nationale n’hésite pas à se tourner vers un constructeur étranger, et électrique qui plus est, pour ses besoins.
« Soudain, le moteur thermique n’est même plus si formidable. Ce moteur thermique censé remettre notre économie au sommet », raille-t-il en référence au projet politique d’Alternative pour l’Allemagne.
