L’aviation européenne a réussit son pari vert en 2025

Les transporteurs du continent auraient atteint, voire dépassé, le seuil de 2% de carburant durable fixé pour l’année dernière par la communauté. Cet accomplissement survient toutefois dans un contexte préoccupant pour l’approvisionnement énergétique mondial.

Selon des informations révélées ce lundi 30 mars par Reuters, l’aviation européenne aurait, à minima, respecté l’objectif de 2% d’incorporation de carburant aviation durable (SAF, Sustainable Aviation Fuel) de l’année 2025, conformément à une obligation légale européenne issue du règlement ReFuelEU Aviation.

Entré en vigueur l’année dernière après son adoption en 2023, ce texte ambitionne de réduire d’ici à 2050 les émissions de CO₂ du transport aérien de deux tiers par rapport à 2020, tout en limitant la dépendance énergétique de l’Union européenne aux énergies fossiles et en soutenant le développement industriel des carburants durables.

Pour ce faire, les fournisseurs de carburant aéronautique doivent intégrer une proportion croissante de SAF au kérosène délivré dans les aéroports européens, à raison de 2% en 2025, puis 6% en 2030. L’eSAF (Electronic Sustainable Aviation Fuel) – également appelé e‑kérosène – devra, lui, représenter 1,2% du total à partir de 2030, pour atteindre 5% en 2035.

Un sacré bond en avant

« Nous ‌terminerons ⁠l’année 2025 avec un taux supérieur à 2% en Europe« , a déclaré à Reuters un haut fonctionnaire européen sous couvert d’anonymat.

Cette affirmation, en phase avec celle de Florian Guillermet, directeur de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) – responsable du suivi des objectifs de SAF – constituerait, si elle se confirmait dans un rapport attendu après l’été, une réelle bonne surprise.

En effet, les compagnies aériennes ne font qu’attirer l’attention tout au long de l’année écoulée que le quota ne serait pas atteint. Cette évolution contraste par ailleurs fortement avec 2024 où le taux d’adoption du SAF n’avait pas dépassé 0,6%, très loin du seuil réglementaire.

Franchir le premier seuil significatif envoie un signal fort aux marchés, aux investisseurs et aux régulateurs sur la trajectoire du secteur.

Les compagnies résistent, Bruxelles tient bon

Malgré ces progrès, les tensions persistent entre les transporteurs et les instances européennes. Airlines for Europe (A4E) – qui regroupe entre autres Ryanair, Lufthansa et le groupe IAG (maison mère de British Airways et Iberia) – a exhorté les régulateurs à assouplir les exigences à venir.

En cause : le coût encore prohibitif du carburant d’aviation durable – 3 à 10 fois plus cher que le kérosène conventionnel – et une offre mondiale insuffisante face à une demande en expansion. La Commission européenne refuse toutefois de céder, même si elle reconnaît que des efforts supplémentaires s’imposent pour rendre le carburant durable plus accessible financièrement.

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de forte volatilité des marchés pétroliers, accentuée par le conflit en Iran, qui a renchéri le kérosène et ravivé les débats sur la dépendance énergétique du secteur aérien.

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