Le géant du commerce électronique a annoncé, aux États-Unis, l’extension de la couverture de son service Prime Air, destiné à acheminer des colis au moyen d’engins volants.
Cinq villes et autres territoires américains. C’est l’objectif visé par Amazon pour Prime Air, son service de livraison par drones autonomes, d’ici à la fin de l’année. Selon l’entreprise, cela représenterait une multiplication par six de la zone actuellement couverte.
Les zones ciblées concernent Chicago, dans l’Illinois ; Syracuse, dans l’État de New York ; Cleveland, dans l’Ohio ; Atlanta, en Géorgie ; ou encore Boise, dans l’Idaho, entre autres.
L’extension, annoncée le 19 août dernier, intervient cinq mois après la présentation, par David Carbon, vice-président de Prime Air, d’objectifs de croissance ambitieux pour ce programme. Selon l’entreprise, celui-ci a déjà effectué des centaines de milliers de livraisons cette année, dont des milliers chaque jour.
Cela fait plus d’une décennie que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, défend l’idée de créer un réseau de drones capable d’acheminer de petits colis — pesant en moyenne environ 2,3 kg — en l’espace de quelques minutes.
Une ambition contrariée
Mais le programme a, entre-temps, connu des retards réglementaires, des réductions d’effectifs, des difficultés techniques et l’opposition de certaines communautés où des essais avaient été menés. Le bruit généré par ces petits engins — comparable au bourdonnement d’un essaim d’abeilles en furie — n’est pas toujours agréable.
En 2024, la société basée à Seattle a obtenu une autorisation réglementaire essentielle pour effectuer des livraisons par drones sur de longues distances. Au cours de l’année écoulée, le programme s’est étendu au-delà de ses premiers marchés, situés près de Dallas et de Phoenix.
Elle dessert désormais 11 zones métropolitaines aux États-Unis, et six autres sites devraient bientôt être mis en service. Il s’agit, pour le leader du commerce en ligne, de transformer la livraison par drones, aujourd’hui encore perçue comme futuriste, en une composante essentielle de sa stratégie de livraison rapide.
De quoi améliorer sa capacité à mettre les produits entre les mains des clients, alors que les consommateurs accordent de plus en plus d’importance à la rapidité et à la simplicité.
Des incidents à déplorer
Ce déploiement massif peut, par ailleurs, s’appuyer sur un contexte plus favorable qu’il ne l’était il y a dix ans. Comme l’indique BFM Business, les progrès réalisés, à la fois sur les plans aérodynamique et technologique, rendent désormais le modèle économique viable.
Cela explique la concurrence que se livrent les différentes entreprises présentes sur ce créneau. À l’image de Wing, une filiale d’Alphabet, la maison mère de Google, qui affirme avoir franchi le cap du million de livraisons commerciales par drones plus tôt cette année.
La start-up Zipline, spécialisée dans la livraison par drones de sang, de médicaments, de vaccins et d’autres produits essentiels, est pour sa part présente sur quatre continents et aurait déjà effectué deux millions de livraisons.
Reste que des préoccupations persistent autour de ces dispositifs, alors qu’une enquête du National Transportation Safety Board est toujours en cours après la collision de deux drones d’Amazon avec une grue à Tolleson, en Arizona.
