Énergie : la France accélère sa décarbonation

La nouvelle feuille de route énergétique pluriannuelle du pays accorde une place centrale au nucléaire et aux sources d’énergie renouvelable.

« Trois ans de débats. Trois ans d’expertises. Trois ans de concertations. À un moment, il faut décider« . Le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé le jeudi 12 février 2026, le Programme Pluriannuel de l’Énergie (PPE 3).

Ce document stratégique définit les grandes orientations de la consommation électrique et fixe les objectifs de production pour chaque filière sur la période 2025-2035. Il vise notamment à porter la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie à 60% d’ici 2030, contre environ 30% aujourd’hui.

Ce doublement illustre la volonté des autorités d’accélérer la transition vers une économie bas-carbone, en remplaçant progressivement les énergies fossiles par de l’électricité décarbonée. À cette fin, le gouvernement mise sur un pilier central : le nucléaire.

La feuille de route prévoit la construction de six nouveaux réacteurs, auxquels pourraient s’ajouter huit autres à l’étude. Cette relance de l’atome s’inscrit dans une logique de souveraineté énergétique et de lutte contre le changement climatique.

« Le nucléaire est essentiel »

Ce choix est d’autant plus déterminant que, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure, cité par Reuters en marge d’un déplacement avec le chef du gouvernement dans le Jura, « le nucléaire est essentiel ».

« C’est la colonne vertébrale de notre production », souligne-t-il. « Nous traduisons dans les textes le cap choisi sur le nucléaire, non pas seulement pour le parc existant, mais pour la nouvelle génération de réacteurs », précise Sébastien Lecornu.

Parallèlement au renforcement du nucléaire, le gouvernement entend poursuivre le développement des énergies renouvelables, avec des trajectoires différenciées selon les filières.

D’après le texte consulté par Reuters, le solaire photovoltaïque connaîtrait la progression la plus forte, avec un quasi-doublement, voire un triplement, des capacités installées d’ici 2035 (entre 55 et 80 GW, contre 30 GW actuellement), tout en misant sur un développement « raisonné ».

L’objectif d’inversion du mix énergétique

L’éolien terrestre mise davantage sur le renouvellement des parcs vieillissants que sur de nouvelles implantations, avec un objectif modéré de 35 à 40 GW en 2035 contre 24 GW actuellement.

Quant à l’éolien en mer, le gouvernement revoit ses ambitions à la baisse : l’objectif passe de 18 GW initialement annoncés à 15 GW en 2035, signe d’un recalibrage face aux difficultés techniques, aux coûts et aux oppositions locales que rencontre cette filière.

Sébastien Lecornu a également tenu à rassurer les Français et les entreprises sur un point crucial : ce plan n’entraînera aucune hausse des prix de l’électricité. Un engagement fort dans un contexte où les questions de pouvoir d’achat demeurent au cœur des préoccupations des ménages.

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