Tempête activiste en approche

L’offensive des investisseurs activistes devrait s’intensifier durant le reste de l’année, portée par un regain de confiance alimenté par la reprise des opérations de fusions-acquisitions, d’après une récente enquête de Reuters.

« L’activité de la seconde moitié de l’année sera plus significative« . Alfredo Porretti, co-responsable mondial de l’Engagement Actionnarial chez JPMorgan Chase, est catégorique à propos de la frénésie qui devrait s’emparer des conseils d’administration dans les prochaines semaines.

Plusieurs acteurs du monde des entreprises appréhendent déjà cette déferlante selon des témoignages recueillis par Reuters, après une première partie de l’année relativement calme, comme le révèlent les chiffres de l’agence de presse britannique.

En effet, seulement 59 campagnes activistes ont été lancées au deuxième trimestre, soit une chute de 16% par rapport au premier trimestre et de 32% comparé à la même période l’année précédente. « Les activistes visent plus soigneusement, mais ne pressent pas encore la gâchette », résume Alfredo Porretti.

Cette retenue s’explique par l’incertitude politique et économique qui a caractérisé les premiers mois d’une année dominée par les changements de cap incessants de Donald Trump sur les tarifs douaniers.

Tous sur le pont de bataille

« Les activistes ont réévalué les campagnes publiques au deuxième trimestre en raison de la volatilité des marchés actions et de l’incertitude macroéconomique« , analyse Pam Codo-Lotti, directrice des opérations Activisme et Conseil Actionnarial chez Goldman Sachs.

D’après Reuters, cette pause tactique cache en réalité une intense préparation. Elliott Investment Management ainsi que les acteurs moins connus de l’industrie devraient passer à l’offensive très prochainement.

Face à cette offensive annoncée, les stratégies se multiplient du côté des entreprises, particulièrement celles ayant subi de précédentes pressions activistes. Deux administrateurs de grandes entreprises américaines évoquent ainsi auprès de l’agence de presse, l’embauche de conseillers spécialisés, l’évaluation des vulnérabilités et d’autres actions préventives, comme le remplacement de dirigeants peu proactifs.

Pour cause, « une gouvernance défaillante est une source constante d’activisme actionnarial », selon Ingo Speich, responsable de la durabilité et de la gouvernance d’entreprise chez Deka Investment. « Les entreprises en transition sont plus vulnérables et ouvrent des fenêtres pour que les actionnaires deviennent plus actifs« , ajoute-t-il.

De la confrontation à la négociation

Dans cette perspective, les professionnels interrogés par Reuters anticipent une hausse des demandes de cessions d’entreprises ou de scissions pour la seconde moitié de l’année. Mais cela ne devrait pas forcément déboucher sur des confrontations.

Les investisseurs activistes, forts de leurs réputations établies, peuvent désormais se permettre d’éviter les batailles de procuration coûteuses et médiatisées au profit de règlements discrets, mais efficaces.

Comme le résume Alfredo Porretti de JPMorgan : « La paix semble effectivement éclater avec plus d’accords conclus et de sièges au conseil attribués aux activistes, mais les accords ne sont conclus que si chaque partie ressent une certaine faiblesse« .

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