Des produits alimentaires à l'Agoraé de Paris

Agoraé : des épiceries solidaires en milieu étudiant

 

Lancées en 2011 par la Fage, les Agoraé se sont multipliées depuis. On en compte aujourd’hui 20 en France, gérées par les associations étudiantes locales. Ces épiceries sociales et solidaires sont un coup de pouce indispensable pour les 2.400 bénéficiaires, dont le « reste à vivre » s’échelonne entre 1,50 et 7 euros par jour. Les produits y sont proposés à des prix réduits, entre 10 et 20% de leur valeur en grande surface.

20 % des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté en France

Selon la dernière enquête de l’Observatoire de la Vie Etudiante (OVE), 20 % des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté en France. Aussi 54% des étudiants déclarent rencontrer des difficultés financières et 45% travaillent au cours de leurs études, un salariat qui impacte négativement leur scolarité. Pour faire face à ces difficultés, ils sont bien souvent obligés de sacrifier leur budget alimentation et santé. Pour venir en aide à ces étudiants, la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) a développé en 2011 les AGORAé, des épiceries solidaires étudiantes. Les produits alimentaires, d’hygiènes et d’entretiens y sont proposés à des prix réduits, entre 10 et 20% de leur valeur en grande surface.

A Paris par exemple, l’AGORAé du campus Clignancourt de la faculté de lettres de Sorbonne Université permet à Susana Luque-Gomez, une étudiante en langues originaire de Colombie, de pouvoir manger enfin de la viande. « Je ne mangeais pas de viande avant de connaître l’Agoraé, explique-t-elle. La conversion des prix entre l’euro et le peso, ça fait que c’est trop cher. Les supermarchés ici, je ne peux pas les payer ».

Les rayons se vident en dix minutes

Dans cette épicerie solidaire, les rayons, plus ou moins fournis au gré des livraisons de la Banque alimentaire et des collectes organisées, notamment dans des magasins bios, se vident très rapidement. « On limite parfois certains produits qui sont plus demandés. Quand il y a des œufs, ils partent en 10 minutes », souligne Elif Mutlu, chargée de mission au sein de l’Association des étudiants de Paris (Agep) qui gère deux épiceries de ce type dans la capitale.

« La solution, ça doit être un financement de l’Etat »

Plus qu’un simple lieu d’aide alimentaire, l’AGORAé c’est aussi un espace de rencontres, d’échanges et de convivialité. Les animations sont systématiquement gratuites et ouvertes à tou.te.s, et ce dans un objectif de lutte contre l’exclusion sociale. Pour Raphaël Degremont, vice-président général de la Fage, « Les épiceries, c’est un début de solution, mais ce n’est pas la solution ». Il estime que « La solution, ça doit être un financement de l’Etat ». « Nous, notre objectif, finalement, c’est de ne plus avoir besoin des Agoraé », conclut-il.

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